
Une journee de repos, ca retape son homme. Reposes, a peu pres propres et debordant de courage, nous avons repris le chemin qui mene a Kunming. Malheureusement, pas d amelioration cote bitume. La boue etait toujours de la partie rendant notre progression difficile. Entre deux sections boueuses, nous papotions de tout, de rien, du futur, de vous, de la neige, du voyage, de l etat de notre posterieur, la vie quot sur un tandem quoi. C est alors qu un coup de klaxon est venu interrompre cette discussion philosophique sur la vie. Acte des plus banals auquel nous nous sommes, presque, habitues. Sauf que cette fois, c etait pour nous inviter a visiter un village voisin. Devant le caractere insistant de la demande, nous avons accepte de suivre cette voiture jusqu a DOUSHA, petit village en renovation perche sur la montagne.
Accueil surpprenant avec professeurs d anglais et photographe a l appui. Notre visite a rapidement pris l allure d une campagne electorale avec serrages de mains, balade sur le marche, visite de l ecole, photo par ci, photo par la, avec un tel, avec un canard...pour se terminer par un repas avec le leader du village s il vous plait! Pourquoi nous? nous n avons pas de reponse. Toujours est-il que la situation etait a la fois comique et etonnante. Imaginez le couple presidentiel revetu de leurs "couches culottes" deguelasses manger dans le resto le plus classe de la ville entoure de toute une ribambelle d elus locaux ( 30 personnes tout de meme)! Situation genante dont nous avons reussi a prendre conge en fin d apres midi. Ce fut une parenthese aussi incroyable qu incomprehensible sur notre route qui nous aura laisses perplexes pour quelques kilometres, le temps de retrouver la dure realite de...la crevaison!!!!!
Quelle ne fut pas notre surprise le lendemain quand nous avons quitte les routes defoncees pour l autoroute!!!! Si si. Comme si cette constatation desastreuse ne suffisait pas, un faux plat montant est venu s ajouter au programme nous donnant l impression d etre scotches au sol. Dur pour le moral, dur pour les cuisses, dur d avancer. On se disait:
"- manquerait plus qu on creve.
- ca t as raison, ca serait le ponpon!"
Pfft, pfft, pfft pfffffffffft !!!!!! Nous etions decidement maudits, il etait 17h, un pneu a plat, de la limaille de fer partout dans la gomme ( merci les chantiers!) et encore 26 bornes de montee. GENIAL! Les sardines ne plantant pas dans le bitume, la seule solution etait de reparer pour repartir dans cette horrible cote avec le Mp3 dans les oreilles comme "remonte moral express". Premier morceau: Brel, le plat pays. No comment.
Cadeau de la providence ou bien ange envoye du ciel, un minibus s est arrete nous voyant acharnes a essayer de decoller SLIM du 5km/h. En un rien de temps, tandem sacoche et equipage etaient a bord, destination ZAOTONG 50 km plus loin. Enorme soulagement auquel s est ajoute un bon moment a partager mandarines et gateaux avant de trouver un peu de repos dans un petit hotel de quartier.
Toutes ces marques d attention, ces touchantes delicatesses qui font de la rencontre un moment precieux a savourer, rendent la vie bien agreable. Ebahis devant tant de gentillesse, on se fait souvent la promesse d en faire autant. Pourtant, si nous sommes ravis de croiser des gens si genereux sur notre chemin, nous sommes tout aussi ravis de les quitter. Poussee a l extreme, la generosite a la particularite d etre pesante pouvant meme parfois donner le sentiment d etre "prisonnier". A trop vouloir donner, la sympathique rencontre se transforme petit a petit en un poids dont on ne sait pas comment se debarasser. Paradoxe des relations humaines qu il faut savoir doser savament pour que ces echanges restent merveilleux. A mediter.
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. L etape du lendemain nous a offerts tout ce dont nous n osions plus rever: soleil, belle route, joli col, magnifique descente, somptueux paysages. Un concentre de bonheur en guise de treve dans cette lutte. 10 jours que nous attendions ca. Joie indescriptible poussant le barometre du moral au beau fixe.
Ca aurait ete trop bien que ca continue ainsi....la suite va du comique au desespoir, de la route pavee sous la pluie a l autoroute montante qui ne bascule jamais. Les cuisses en asphixies, le cul en feu, l estomac dans les talons, le vent froid de face, tu reves que ca bascule enfin mais ca ne bascule JAMAIS!!!!! Pas un petit kilometre de repis, de la cote a perte de vue et encore 300 km a faire. Inutile de decrire l atmosphere qui regne sur le tandem. "couinante", comme le pneu arriere d ailleurs!
Voyons les choses en face, nous sommes trois a en avoir marre donc REPOS, une fois de plus, avant de repartir pour 30 km de montee splendide a flanc de montagne. La vie paisible des villages nous a envahis de son harmonie renforcant encore un peu plus l idee de vivre en paix au milieu des patates et des chevres. Bonheur absolu le temps de decouvrir avec horreur la descente caillouteuse impraticable!!!!! On y va, on n y va pas? On s engueule, on s engueule pas? oh et puis zut, ras le bol de routes pourries!!!! Enorme deception mais demi tour pour la gare routiere avec une certitude en plus: Avoir touve la vie que l on aime, simple, fraiche et genereuse. Comme la montagne.
Il nous aura fallu tout de meme 9 heures de bus pour atteindre ENFIN Kunming. 9 heures pendant lesquelles le confort depend du voisin. Tout le monde est la a se reluquer au depart pour savoir a quel genre appartient le passager de droite. Quelques kilometres suffisent pour constater le changement de couleur annoncant la remontee gastrique imminente...La sortie du sac plastique confirme les soupcons donnant le signal de la mise en apnee immediate sous peine d etre a son tour un embaumeur de bus. Evidement, pas d arret pour si peu, le chauffeur n a pas de temps a perdre avec ca, trop occupe a provoquer de nouvelles regurgitations par sa conduite anarchique. Mauvaise pioche pour cette fois, un vomito a droite et un derriere....
Pas faches d etre arrives, nous avons retrouve la bruyante vie citadine pour quelques jours, le temps de preparer une nouvelle escapade en terre paysane. |