
15 août 2008. 11 février 2009. Où là là, mon dieu que le temps passe vite! Trop vite . L'engrenage du monde moderne nous a bien vite entrainé dans sa course folle. Un jour a poussé l'autre et nous voilà à J euh... Mois 6 de cette dernière étape pour rejoindre le col du vorger. Mais avant d 'épiloguer sur nos âmes en peine de jeunes sédentaires dynamiques, il nous faut remonter le temps, celui où nous vous avions lachement abandonné quelque part dans le sud de l'Italie.
Egoïste façon de remercier l'assiduité de nos lecteurs me direz vous. C'est vrai. Mais perdus dans les fondements d' une réflexion etourdissante, il nous fallait humer les milles et un arômes de cette vendange fleurissante pour en apprécier le mélange. Une recontre avec soi même au plus profond de l'âme, là ou des petites notes épicées sont venues s'ajouter au fil des kilomètres.
Si ces questions existentielles ont occupées pas mal notre esprit, la dure réalité des côtes étaient là pour nous extirper du monde philosophique. Les questions qui d'ordinaire peuvent paraître insolubles, sont tout a coup apparues comme très claires:
"-Qui suis-je? Où vais-je?...
- Je suis un pédalo complètement cinglé qui aimerait atteindre le sommet de cette bosse RAPIDEMENT malgré la douleur fulgurante qui assailli mes cuisses et les 180 battements minutes de mon coeur à l'agonie."
Entre sport et philo, nous avons poursuivi notre remontée vers le nord en profitant inlassablement de le beauté des paysages qu'offraient l'arrière Pays sans oublier les petites haltes culturelles de temps à autre. Ainsi nous avons visité Pompei, cité antique qui fut ensevelie sous la colère du Vésuve il y a plus de 2000 ans. Tout aurait pu s'arrêter là si la merveilleuse nature ne s'en était pas mélée. Pris dans un linceul de cendre, elle fut conservée intacte pour nous offrir aujourd'hui une des visions les plus parlantes de la vie romaine. Se promener dans Pompei c 'est s'offir une escapade à travers les fondements de notre monde moderne. L'ancêtre du passage clouté se retrouve là. Surelevé et partiellement interrompu, il permettait de traverser la rue sans se mouiller les pieds mais en laissant également passer les chars. Ingenieux non? Et puis que dire des maisons closes qui déjà à l'époque faisait preuve d'une très grande imagination...!
Cette petite balade antique s'est terminée par une glace, trésor de notre modernité, avant de passer à la suite.
Pour y passer, il nous faut d'abord y penser. Dilemme important quand il s'agit de remettre en cause notre passage dans une ville aussi mythique que Rome. D'un côté il y a cette capitale aux infinies richesses, de l'autre notre porte monnaie à l'annorexie grandissante. D'un côté le bruit etourdissant d'une cité prospère, de l'autre le calme verdoyant des petites routes champêtres.
Nous choisirons de rester au calme, cette si précieuse atmosphère qui appaise tous les esprits aussi tourmentés soient-ils. Slim a voté pour, evidement, trop heureux de pouvoir gambader librement sous les tonnerres d'acclamations qu'il sucite chez cette nation de cyclistes: " Forse Forza"
La force fut avec nous, la chance aussi. Les itinéraires campagnards nous ont une fois de plus permis d'apprécier l'étonnante spontanéité italienne. "Vieni, vieni qui!" De grands gestes de la main en guise de traduction et nous voilà installés à la terrasse d'un café en compagnie de 3 ritales jusqu'au bout des ongles propriétaires d'une merveille de petite fiat 500. On échange?????? Euh non, sans façon merci parce que moi tu vois J'ADORE le sport, les femmes aussi ma che ça, c 'est un autre sport. Alors j'adore le velo, il calcio et tutti mais.....à la télé!!! Alors qu'est ce que je vais en faire moi de la bici hein?
Bon ben... tant pis pour la fiat 500, de toutes façons, j'avais pas envie de la laisser ma bici et merci pour le café! Une petite parenthèse le temps d'un espresso pour savourer les délices de la culture latine.
Même à 30 kilomètres plus au nord, nous avons vite senti que l'influence de Rome n'était pas loin. Quartiers résidentielles aux belles maisons grillagées sans oublier la pancarte "chien mechant" au cas où quelqu'un serait tenté de rentrer. Pas franchement acceuillant, quand au petit coin tranquille.... Pourtant les 92 kilomètres affichés au compteur nous rappellaient qu'il fallait penser à s'arrêter. Après quelques tentatives infructueuses auprès des habitants, une voiture s'est arrêtée à notre hauteur . 3 minutes plus tard, nous posions Slim, soulagés. Au beau milieu d'un joyeux bordel indéfinissable vivent Angela, Nicolas et leur fils, une famille immigrées de Moldavie il y a huit ans. Sympathique soirée aux petites notes slaves qui nous aura enseigné, une fois de plus,l'humilité. Sous l'air epanouie se cache une réalité bien moins réjouissante. Le rêve d'une vie meilleur se révèle n'être qu'une lutte quotidienne pour le droit d'exister. Une petite maison de bric-à brac au milieu des villas bourgeoises qui leurs rappellent chaque matin ce qu'il ne pourront jamais se payer.
Le petit matin à séparé nos chemins. Eux vers leur rêves, nous vers le notre avec la certitude d'avoir trouvé le sens du mot "hopitalité". Une immense richesse à laquelle les riches voisins n'auront surement jamais accès.
Il est grand temps de vous parler du café. Une légende pour tout italiens qui se respecte. Y'a les espresso dans les bars et puis il y a la merveilleuse cafetière italienne qui trône comme une déesse au beau milieu de la cuisine. Y'en a pour tous les goûts. Des petites, des grandes, des designes, des colorées, des anciennes....
Mag, au grand desespoir de Fabrice, a décidé d'en acheter une coûte que coûte avec quelques contraintes tout de même: pas chere, légère et petite. La première foire du coin et hop, marché conclus.
Tu parles d'une trouvaille! L'affaire du siècle s 'est rapidement révèlée être le cauchemard du petit déjeuner. La raison: incompatibilité d'humeur entre Rechaud capricieux et cafetière pleurnicheuse. 20 min et une boîte d'allumettes plus tard, j'abdiquais tristement en espérant que demain peut être... |