
C est encercles par une horde de petrolettes en tout genre que nous avons pris le chemin de la montagne. Pas vraiment faches, a vrai dire, de se diriger vers des horizons plus verts et plus tranquilles. Si la circulation a eu du mal a ceder, la nature a quant a elle repris rapidement le dessus nous offrant une montee ravissante au beau milieu d une foret equatoriale luxuriante. Un univers sorti tout droit du livre de la jungle a la fois mysterieux et fascinant dont les sonorites vibraient jusque dans les pedales. Sans trop savoir s il fallait etre inquiet ou rassure, nous avons continue a penetrer cette vie sauvage, epingle apres epingle pour finir par en sortir apres 70 km de grimpette. Baloo n a pas souhaiter venir a notre rencontre...c est dommage, on avait bien envie d entendre sa chanson... "Il en faut peut..."
La petite bourgade de BRASTAGI nous a acceuillis au sommet le temps de la pause dejeuner. Au menu gratin de pomme de terre. Hum!!!!!!!!!!!delicieux. Bon d accord, sans fromage et sans creme, mais apres 100 kg de riz engloutis a nous deux depuis la Chine, c etait tout de meme un vrai petit bonheur.
Mais laissons nos papilles saliver de plaisir pour vous livrer une petite tranche de vie paysane. Simple, authentique, belle. Telle que nous l avons decouverte dans les dernieres lueurs du jour a l heure ou hommes, femmes, enfants et buffles etaient de retour des champs. Comme toutes les autres iles de l archipel Indonesien, Sumatra est une terre volcanique que les nombreuses eruptions ont fertilisee au fil du temps. Conscient de cette extraordinaire richesse, les habitants y ont planter toutes sortes de cultures diverse et variees qui prosperent au fil des saisons.
Theiers, Cafeiers, marquisa, choux, piments, carottes se partageaient la vedette pour nous offrir un magnifique camaieu de vert parseme de petites pointes de couleurs vives. Calme saisissant d une vie paisible qu aucun bruit de klaxone n est venu perturber. Il n y avait que le crissement des charettes et de notre charette.
Nous n etions pas au bout de notre emerveillement. Le troisieme jour a ete le clou du spectacle quand le lac TOBA est apparu majestueusement pose au milieu d une chaine de montagnes escarpees. La route vallonnee qui longeait la cote nous a procures milles et une occasions d admirer le spectacle. Inutile de preciser que dans ces moments la, pedaler apparait comme une chance extraordinaire de pouvoir s arreter au gres de nos envies.
Le TOBA est l un des plus grands lac de cratere au monde. Au coeur de son eau pure, l ile de SAMOSIR s elevait gracieusement prete a recevoir les quelques touristes venus checher un peu de sereinite. Devant la fascinante beaute des lieux, nous avons rejoint la petite ile dans la grande, dans le village de TUK TUK, plus precisement. Comble du ravissement, l hebergement s est revele de haute qualite pour une poignee de rupiahs avec les pieds dans l eau, s il vous plait!!!!!!!!! Un petit coin de paradis qu on aurait bien explore un peu plus si la pluie de n en etait pas melee.... Enfin, en bon savoyard que nous sommes, raler contre la meteo humide aurait ete...deplace.
C etait bien tout ca mais la suite???? Soyons clairs, de part en part, l Indonesie c est 5000 km et montagneux en plus. Il fallait faire un choix. Continuer en Tandem, passer l equateur et rejoindre JAKARTA en bus ou faire demi tour pour prendre le ferry Medan/Jakarta. Option numero deux retenue pour sa simplicite avec notre valise a roulette.
Le chemin du retour s est avere ultra frequente. Entre camions, cars, voitures et moto nous cherchions un peu de place pour rouler tranquille mais c etait peine perdue. La loi du plus gros semblait etre de rigueur... Nous avons bien pense equiper SLIM d un enorme Klaxone mais parait il que les modeles ne sont pas adaptes a la taille du vehicule! Et ben, Je sais pas ce qu ils leur faut!
Neanmoins, cet itineraire aura ete l opportunite d une magnifique rencontre.
18h30, la nuit tombait deja quand nous cherchions ou dormir. Dans ce genre de situation, les Indonesiens sont toujours prets a nous aider. Ce coup ci, c est Fanni qui nous a pris sous son aile pour nous amener devant la porte de l hotel mais....trop cher! Apres negociation, nous avons eu l autorisation de planter notre tente derriere le batiment. Nous n en demandions pas plus. Alors qu on debalait tout notre barda, Fanni a du se souvenir subitement de ses cours d anglais:
"-Follow me, go to my familly home!
-...
-ok?
-ok! "
Nous voila parti a la "familly home" ou Mama nous a acceuillis a bras ouvert autour d un bon the revigorant. Guide de conversation a l appui, nous avons fait connaissance, echange deux trois sourires, deux trois photos avant de trouver un peu de repos. Reveil TRES couleur locale a 5 heures du mat dans une cacophonie digne de ce nom quand toutes les petites mosquees du quartier se sont mises a brailler en meme temps. Le coq, vexe par tant de concurence, en a rajoute une couche nous sortant definitivement de notre sommeil.
Le petit dej etait pret, pimente comme il se doit mais prepare avec tellement de generosite qu on a tout mange.....surtout les chips a la crevette, unique extincteur disponible sur la table. Y a des jours comme ca ou les tartines beurrees manquent plus que d autres.
Pour nous il etait temps de rejoindre Medan, Jakarta, Bali. Mais dans la maison, un petit bout de nous est reste, pose comme un trophe sur le buffet de la cuisine. Deux frimousses savoyades qui ne cesseront de remercier Fanni et sa maman chaque fois qu ils les regarderont.
Embarquement reussi!!!! Tout le monde est monte a bord du ferry et sans supplement en plus! Slim a si bien joue de son charme que les marins ont oublie de le faire monter sur la balance!!!!! Du cote des troisieme classe, ca ressemblait plus a de l entassement qu a autre chose. Les troisieme classe du TITANIC ne sont malheureusement pas revolues. Partout des cartons, des gens avec leurs bebes qui cherchaient une place jusque dans les escaliers. Triste spectacle d une population qui subit les decisions de la compagnie nationale. Quant a nous, nous avons profite de notre chance de riche pour essayer de recuperer un peu. Trois jours passes a dormir, c est a croire que nous en avions besoin.
Nous avons acoste au port de JAkarta dans les derniers rayons du soleil. Debarquement mouvemente au milieu d une foule assez pressante et bien peu respectueuse d autrui. Un comportement assez brutal qui s apparentait plus au dechargement d une betaillere qu a autre chose. Mais au fond, ils agissent a l image de ce qu ils subissent.... |