
Pour cette annee, nous avons mis les guirlandes sur un bananier. Certes ca ne vaut pas un bel epicea subtilise dans la foret mais faute de mieux....et puis ca a au moins le merite de ne pas perdre ses epines! L espace d une soiree, la chambre d hotel a troque son impersonnalite habituelle contre un peu de chaleur festive. Bon, la dinde n etait pas sur la table, la buche non plus mais ce noel sous les tropiques nous a offert la chance de pouvoir savourer mandarines et ananas dont leurs gouts sucres laissera un souvenir imperissable. Marie et Ludo, les cyclo bretons, etaient de la partie ce qui a donne a chacun l occasion d offrir un petit truc, trois fois rien mais tellement appreciable. Inutile de preciser que cette soiree a ete arrosee... vous nous connaissez et puis c etait noel tout de meme!
Il est bien difficile de vous decrire le coup de telephone a 2 heure du mat pour entendre le son de la voix de la famille. Instant autant magique qu' inoubliable qui a sans doute ete notre plus beau cadeau.
Mais noel c est fini et la Chine aussi. Apres deux mois et demi passes a pedaler entre Beijing et le Yunnan, nous avons echange les Yuans pou les Kips. Prise de tete garantie comme a chaque fois qu il faut remettre a jour ses reperes. Alors voyons voir 1 euro = 1350 kips, 10 yuans = 1 euro, la chambre valait 40 000 kips soit 3 euros donc 30 yuans ! Ben oui quoi, on fait bien comme on peut pour se rendre compte de la valeur des choses! Imaginez le retrait de 250 euros... 3 millions de kips cash sur nous! un truc qui n arrivera jamais plus une fois l euro retrouve, enfin normalement.
Le passage de la frontiere nous a reserve son lot d etonnement. Non seulement le control des passeports s est fait avec une rapiditie deconcertante sans meme lever le nez pour voir si c etait bien nous, mais en plus sur fond de musique populaire. Ballons et drapeaux flottaient dans le ciel, manquaient plus que les petards et la buvette pour se croire au bal du 14 juillet. Rassurez vous, nous n avons pas valse avec les douaniers meme si cette ambiance detendue ne semblait deplaire a personne. Quelques kilometre plus loin, Marie et Ludo sont partis plus au nord, rejoindre un de leur contact.Nous nous retrouverons peut etre plus tard, sinon bon vent, ce fut un plaisir que d etre en votre compagnie.
Encore une fois, le franchissement de la frontiere a laisse place a une toute autre culture. Le geant de la consommation s est efface au profit de la vie paisible Laotienne. Cette douceur de vivre n enleve rien a la precarite de l existence de ce peuple exempt de toute trace de modernite dans les campagnes. Meme les petites villes ne peuvent profiter de l electricite que quelques heures par jour. Malgre tout la joie de vivre ne semble jamais quitter les habitants qui mettent tout leurs coeurs a crier :" SA BAI DI, SA BAI DI"* sur notre passage. C est beau, tellement beau de voir petits et grands rayonner d un tel bonheur.
Tout gonfles de cette joie de vivre, nous avons sillonne les routes vallonnees sous un soleil radieux admirant tantot la foret luxuriante, tantot de vastes rizieres parsemees de cabanes de bambou. Beau temps, belle route, magnifiques paysages, acceuil chaleureux, un must. Enfin presque. Qui aurait cru qu apres avoir guette le moindre rayon de soleil, nous chercherions desesperement un petit coin d ombre. Pas Mag, c est sur!!!!! Pourtant manquait plus que la cuilleree d huile pour que notre couenne finisse croustillante, salee a point prete a deguster! C est le second effet barbecue du soleil tropical. Evidement les courtes cotes a 10 pour cent ne nous ont pas aides a reguler le thermostat!!!
Bref passons sur ce detail anecdotique pour aborder un aspect plus pratique de la vie quot des cyclos dans ce nouveau pays. Comme la plupart des villages sont depourvus d hebergement ainsi que de resto, nous avons profite de la situation pour renouer avec la tente. La premiere tentative s est rapidement transformee en un acceuil rurale plus que spontane qui, en l'espace de quelques secondes, nous a deniche cahute pour dormir, fontaine pour prendre une "douche" et plat de riz pour nous remplir l estomac. Le tout offert genereusement, du fond du coeur. Inoubliable moment d echange autour d un verre d alcool de riz, eclaire par la lumiere vacillante mais non moins chaleureuse de la bougie. Pas de grand discours sur le monde, la politique, la vie, le temps mais tellement, tellement de choses partagees.
Apres avoir regagne notre cabane de bambou, chaque villageois y allait de son coup d oeil, ou de lampe torche d ailleurs, hitoire de mieux observer a quoi ca ressemble un blanc. Il etait bien difficile de savoir quelle attitude adopter face a cette curiosite massive genante mais totalement comprehensible. Nous etions un tantinet embarasses et pour cause: 50 paires d yeux rives sur nous au moment de nous coucher. ET COMMENT JE FAIS MOI POUR ENLEVER MON PANTALON HEIN?!!?
Nous sommes repartis le lendemain sans trop savoir quoi faire, encore une fois, devant le refus de l argent que nous proposions. Ils n ont rien, nous tout. Cette touchante hospitalite n est pas un du mais que faire??? Insiter au risque de vexer? Ils avaient l air tellement fiers de nous avoir rendu ce service... Ce debat anima quelques kilometres sans pour autant que nous ayons trouve une reponse satisfaisante. Enfin, ca a occupe une bonne partie de la journee, le temps que nous arrivions sur les bords du Mekong.
Deux jours de navigation nous ont permis de rejoindre la ville touristique de Luang Prabang. Une escale le 31 decembre a ponctue ce voyage sur les eaux mythiques de ce fleuve immensement large. Une bien belle balade qui nous a racconte un chapitre de la vie Laotienne. Celui qui est rythme par les remous et les crues. Au dela du transport fluvial, ce court d eau assure l existence des villages allentours. Veritable theatre de la vie quotidienne ou se cotoient harmonieusement pecheurs, orpailleurs, agriculteurs et meres de familles venues frotter le linge et la marmaille. Scene de vie attendrissante qui, nous semble-t-il, merite d etre respectee. C est la subtile difference entre voyage et voyeurisme que certains touristes, soucieux d ajouter d autenthiques photos a leur album de voyage, ne semblent pas saisir. Ces gens vivent ainsi, ce ne sont pas des betes de cirques la pour amuser la galerie! Voila c est dit et ca fait du bien!
Nous sommes arrives dans cette jolie ville en ce premier jour de l annee 2008. Occasion ideale pour vous souhaiter a tous une excellente nouvelle annee. Qu elle vous apporte joie de vivre et bonheur tout autour de vous. En ce qui nous concerne , elle commence bien et nous promet encore bien des surprises.
* sa bai di veut dire bonjour en Lao |